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03 Mai 2005 | Imprimer cet article | Envoyer à un ami
Qu'est-ce que je vais faire plus tard? Cap sur le handicap

«Chaque fois que je parle de ma formation, j'ai droit au "tu es bien courageuse, c'est pas un métier facile"», s'amuse Patricia. Son collègue de promo Hassan ne dément pas. Ils ont 28 et 26 ans, et sont étudiants en deuxième année d'AMP, aide médico-psychologique, à l'Institut régional de travail social de Montrouge (92). Dès juin, leur travail à plein temps sera d'accompagner dans leur vie des handicapés mentaux ou moteurs.



Les deux élèves ont commencé cette formation avec un bac + 2, mais un BEP sanitaire et social ou un BEPC suffit. Hassan, en Deug biologie, voulait faire de la recherche en laboratoire. Patricia était en école d'infirmière. «Mais il nous manquait quelque chose.» Elle a entendu parler du métier d'AMP par une relation, a «trouvé ça pas mal alors [a] décidé d'y entrer». Après avoir enchaîné les jobs d'étudiant, fast-food, baby-sitting, caissier, Hassan a pris une vacation dans une maison d'accueil pour handicapés mentaux, dans le Val-de-Marne. «En six mois, j'étais passionné par ce métier et par les gens que j'y rencontrais.»

Le métier d'AMP est spécial, «ce n'est pas la voie la plus facile pour entrer dans le travail social», reconnaît Elisabeth Gareau, responsable de centre d'activités à Montrouge. Aussi la formation s'effectue-t-elle en situation d'emploi. 350 heures de formation théorique, sur laquelle les étudiants seront testés à l'écrit, le reste dans une maison ou un centre accueillant des handicapés. «La particularité du métier d'AMP est la proximité que nous avons avec les résidents, explique Patricia. On les lève, on les lave, on les couche, c'est plus du maternage que de l'encadrement d'éducateur, même si nous représentons quand même l'autorité.» «On passe tellement de temps avec eux qu'on peut déceler tout de suite quand ils ne vont pas bien, déclare Hassan, essayer de comprendre pour résoudre leurs problèmes, c'est valorisant.» Comme beaucoup de métiers du social, le salaire de l'aide médico-psychologique n'est pas élevé, 1 156 euros pour les débutants, 1 543 en fin de carrière. «Si j'étais resté dans mon laboratoire, j'aurais gagné davantage», explique Hassan, qui a choisi une autre forme d'enrichissement. Au cours de leur formation, les étudiants doivent mener une étude de situation, suivre particulièrement un résident, évoluer avec lui. Alice, 62 ans, est handicapée mentale depuis l'âge de 6 mois. Elle ne souffrait pas qu'une soignante autre que son infirmière habituelle s'occupe d'elle. Mais, à la première rencontre avec Patricia, «ça s'est plutôt pas mal passé». Aujourd'hui, elle lui permet même de pousser son fauteuil. Hassan s'occupe de Léon, handicapé autistique de 40 ans qu'il essaie de rendre plus autonome. Il était terrifié à l'idée de franchir une porte, «aujourd'hui, il prend l'escalator sans crainte».

Renseignements sur le certificat d'aptitude aux fonctions d'aide médico-psychologique (Cafamp) sur
www.personnes-agees.gouv.fr
ou au 0 825 042 042.
IRTS de Montrouge 01 40 92 35 24.

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