Du 14 au 20 novembre 2005, la Semaine pour l'emploi des personnes handicapées a permis de faire le point sur une situation qui reste difficile, malgré les messages d'optimisme.
L'association ADAPT, organisatrice de cette semaine dédiée à la lutte contre le chômage, privilégie les rencontres entre candidats et employeurs, sur le mode actuellement en vogue du "job dating" (série d'entretiens courts).
C'est ainsi que Sébastien, tétraplégique, a trouvé son emploi : "La discussion permet au recruteur de mesurer de quoi le candidat est capable. Souvent lorsqu’une personne est diminuée physiquement on pense qu’elle l’est aussi mentalement. Au cours de l’entretien, les a priori tombent. Et même si les gens n’ont pas d’a priori au départ, ils n’ont pas l’habitude de fréquenter des personnes handicapées et ne savent pas comment les aborder. Le job dating les met alors en confiance et leur montre qu’il n’est pas impossible d’embaucher une personne handicapée."
Blocages côté entreprises
Actuellement, une loi de juillet 1987 prévoit que la fonction publique et les entreprises doivent compter au moins 6 % de personnes handicapés dans leur personnel. Mais plus d'un tiers des entreprises soumises à cette loi n'emploient aucun travailleur handicapé
Le gouvernement attend beaucoup de la loi du 11 février 2005 pour "l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées", qui entrera en application en 2006. Elle renforce les obligations déjà existantes dans les entreprises en matière d'emploi de travailleurs handicapés, et crée des maisons départementales réunissant tous les acteurs concernés par leur insertion sociale et professionnelle.
Inégalités statistiques
L'ANPE a produit en septembre dernier un portrait statistique de l'emploi chez les personnes handicapées. Leurs difficultés sont flagrantes : 31% d'entre eux sont au chômage. Fin 2004, environ 7 demandeurs d'emploi sur 100 étaient handicapés, soit près de 279 800 inscrits à l'ANPE. Le chômage de longue durée (un an au moins) touche 47 % d’entre eux, contre 35 % chez les personnes valides.
Et en moyenne, plus le degré de handicap est élevé, plus la durée du chômage est longue. 13% des chômeurs handicapés bénéficient du RMI, 25% de l’ASS (allocation spécifique de solidarité), et 727 000 personnes perçoivent l’AAH (allocation aux adultes handicapés).
Arnaud Mouillard
Source : http://www.stopinfos.com/