Un an après, elle n'a pas révolutionné la vie des personnes handicapées
Emetteur : CFTCUn an après la loi "pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées", de nombreux décrets restent en cours d'élaboration et certaines dispositions ne sont entrées en application que le 1er janvier dernier, alors que le gouvernement s'était engagé à préparer tous les textes avant la fin de l'année 2005 et à faire en sorte que " personne ne soit perdant ".
Convaincue que tout salarié, qu'il soit handicapé ou valide, est avant tout une personne qui a droit au respect et à la dignité, la CFTC s'est battue au côté des associations mais aussi des autres organisations syndicales pour obtenir que les décrets d'application soient réellement à la hauteur des attentes et des espoirs que cette loi a suscité pour toutes les personnes handicapées et leur famille.
Celle-ci devait, en effet, leur offrir une plus grande autonomie et un véritable projet de vie : fini le parcours du combattant pour faire valoir ses droits, finis les formulaires et les justificatifs à fournir constamment, finie l'opacité dans le maquis des aides ...
Certes, quelques progrès commencent à se faire sentir tels que la création de la prestation de compensation, la mise en place des maisons départementales, le renforcement de l'obligation d'emploi et son extension au secteur public.
Mais l'AAH, fixée à 610,28 euros demeure insuffisante surtout pour ceux qui ne peuvent travailler du fait de leur handicap et certains décrets sont tellement restrictifs (concernant l'attribution du complément de ressources, par exemple) qu'ils en deviennent contraires aux principes énoncés dans la loi.
Certains décrets en préparation nous inquiètent également : les " entreprises adaptées " risquent de devenir tellement sélectives qu'elles pourraient exclure un nombre important de travailleurs handicapés, les droits et les rémunérations des travailleurs handicapés risquent également d'être revus à la baisse, ce qui serait tout à fait contraire au principe de la loi.
La question du handicap rejoint aujourd'hui la question plus générale de la capacité de notre société à reconnaître sans discrimination l'ensemble de ses membres, à fixer des règles communes dans le respect des différences, à fonder la cohésion sociale sur la diversité.
La CFTC reste vigilante car elle est convaincue qu'une loi ne suffira pas à changer les mentalités et que l'accès à un emploi et à un déroulement de carrière ne sera possible - pour les personnes en situation de handicap comme pour les personnes valides - que lorsque la France aura réussi à élever son taux d'emploi.
Source : http://www.latribune.fr/News