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18 Octobre 2006 | Imprimer cet article | Envoyer à un ami
Retards et de confusion autour de la Maison des handicapés

  Ambiance électrique, hier, au conseil général. Suite au départ précipité du directeur de la Maison départementale des personnes handicapées deux mois seulement après son arrivée, les associations qui composent la commission exécutive de la MDPH ont reproché à Nassimah Dindar le manque d’efficacité du Département dans la mise en place effective de la structure d’accueil.  

Les esprits se sont vite échauffés, hier, lors de la réunion de la commission exécutive de la Maison départementale des personnes handicapées (Comex) au palais de la Source, à Saint-Denis. C’est une Comex élargie, avec la présence de nombreuses associations des handicapés, qui est venue demander des comptes à la présidente du Département ainsi qu’au représentant de la Drass, chef du projet de la MDPH depuis novembre 2005.

Rendez-vous dans 15 jours

Si budget et personnels sont en grande partie déjà disponibles, la période de transition entre anciens interlocuteurs - Cotorep et CDES - et la sortie de terre de la Maison des personnes handicapées crée depuis des mois une véritable confusion chez les familles et les acteurs concernés par le handicap. Une confusion qui a laissé la place à la colère des associations, à la suite d’un nouvel incident survenu récemment, et qui remet en cause le fonctionnement même de la structure. Le 7 août dernier, sur décision de la commission de recrutement composée de représentants du conseil général, de la Drass et de l’Éducation nationale, la MDPH se dotait d’un directeur en la personne de Patrick Cuvelier, responsable clientèle chez France Télécom. Ce dernier n’aura pas eu le temps de déballer ses cartons. “Monsieur Cuvelier n’a pas été renvoyé mais son contrat n’a pas été reconduit après deux mois d’essai”, expliquait Nassimah Dindar. Les associations, qui ne participent pas au recrutement, estiment, elles, que ce choix était malvenu d’avance. Patrick Cuvelier n’ayant aucune expérience de près ou de loin avec la problématique du handicap. Cet événement aura suffi à enflammer la mèche. Les associations ont reproché au Département et à la Drass un “manque de transparence” dans les informations communiquées depuis plusieurs mois concernant l’avancée du projet, et dans “la politique à mettre en place”. “Il y a un décalage entre la compréhension des associations et le travail mené par le Département”, ont déclaré d’autres. “Il y a eu un défaut de communication mais nous souhaitons vraiment réparer tout ça”, a répliqué Nassimah Dindar. Autres soucis, et non des moindres, le retard du traitement de plus de 200 dossiers de prestation de compensation ainsi que le non-recrutement d’une dizaine de personnes qualifiées dans le paramédical, dont l’embauche de six spécialistes, de l’ergothérapeuthe au psychologue en passant par l’infirmier. Problème : l’appel à candidature s’est révélé infructueux. Après deux heures d’un débat parfois houleux, Nassimah Dindar concluait la séance en promettant aux uns et aux autres un nouveau rendez-vous, normalement dans une quinzaine de jours. Il y sera évidemment question du recrutement. “Concernant le personnel manquant, nous allons faire appel à des vacataires le temps de trouver du monde, nous allons renouveler nos appels d’offres notamment pour le poste de directeur”, a expliqué par la suite la présidente. Les associations sont reparties dans l’espoir que leurs voix aient été entendues.

Thomas Lauret

 

- Une structure qui se fait désirer

La Maison départementale devrait ouvrir ses portes en septembre 2007, soit plus de deux ans et demi après la loi du 11 février 2005, obligeant tous les départements français à se doter d’une telle structure. Un retard aberrant. Planifié depuis juin 2005, rappelons que la mise en œuvre de la MDPH s’est vue attribuer dès le mois d’octobre dernier une enveloppe de 723 000 euros par l’État pour son démarrage. C’est d’autant plus gênant que le futur guichet unique a été juridiquement créé le 1er janvier 2006... sans les murs, mais avec une partie du personnel sur le pied de guerre. Cotorep et CDES étant toujours les interlocuteurs incontournables des handicapés. En février, son ouverture était annoncée “pour le second semestre 2006”. Il ne s’agissait pas à l’époque de la sortie de terre de la Maison départementale en tant que nouvelle structure, mais d’un lieu provisoire pour réunir les équipes en place, travaillant jusqu’àlors chacune de leur côté. Mais ce n’est qu’en juillet 2006 - officiellement à cause d’un “contretemps immobilier” - que le Département a fait l’acquisition d’un immeuble, rue Fénelon à Saint-Denis. Aux dernières nouvelles, le personnel de la MDPH y sera regroupé d’ici décembre. Mais il faudra encore attendre une année de travaux pour que la MDPH sorte de terre. À moins que d’autres événements ne viennent encore perturber le calendrier établi, ce que personne ne souhaite, évidemment...

 

Source : http://www.clicanoo.com
© 1998-2005, Journal de l'Ile de La Réunion


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