par Jean-Christophe Parisot, candidat de la « force citoyenne et handicapée » Puisse ma candidature contribuer à faire entendre la parole de ceux que l'on n'entend jamais. Au delà du programme que je défends (élaboré par 500 familles de personnes handicapées), je veux à ma mesure interpeller les Français sur l'urgence d'humaniser le débat présidentiel qui vient.
Pour la seconde fois, le Collectif des Démocrates Handicapés a décidé de soutenir ma candidature à l'élection présidentielle.
Sans prétention aucune sur mes chances d'être élu, je me sens appelé à assumer une parole différente dans une démocratie handignorante et monopolisée par les campagnes de marketing. Le duel Sego-Sarko ne doit pas faire oublier que plusieurs millions d'électeurs sont totalement absents de notre vie démocratique, les citoyens handicapés. Ma démarche pourra être marquée par certains du sceau du communautarisme, argument déplacé quand on sait l'extrême sentiment d'abandon que ressentent ceux qui vivent le handicap.
Il s'agit pour moi de rappeler avec réalisme à notre civilisation dite évoluée que l'on ne saurait faire l'impasse sur les douze millions de Français qui vivent cette différence physique, mentale ou sensorielle. Tétraplégique, polyhandicapé, myopathe et trachéotomisé, j'ai le privilège d'être haut fonctionnaire et docteur en sciences politiques.
Côtoyant les deux « mondes », je crois avoir la légitimité pour lancer un avertissement à tous les maires qui voudront bien m'entendre : notre démocratie est menacée d'une technicisation inhumaine où les vulnérables n'ont pas leur place. Avec un pourcentage du PIB consacré au handicap en chute libre, avec des allocations de misère, avec une loi incomplète et une vie associative monopolistique, il est nécessaire de faire entendre une autre pensée.
Si le citoyen différent n'a plus la parole, c'est que la technique a pris une place excessive dans nos rapports avec les autres. Tragique réalité, il est devenu plus rentable de réparer un ordinateur que de soigner un être humain. Signe de cette déshumanisation, les métiers de l'aide humaine sont devenus les moins bien payés. De même, dès qu'on nous demande de faire des économies, ce sont les dépenses de santé qui trinquent et les victimes sont les plus fragiles. L'élan du cœur est, de plus, freiné. Au nom de la responsabilité et de la judiciarisation des relations, beaucoup se déresponsabilisent.
Refusant ce déclin moral qui laisse jeunes, personnes handicapées, personnes âgées au bord de la route, nous appelons les Français à offrir une alternative citoyenne et créative, à dessiner une société fondée sur le respect de la personne et le dialogue. Il est urgent de retrouver la générosité, l'altruisme qui doit animer toute société dite « avancée ». Toutes les générations sont concernées.
Les campagnes d'images du duel Sarko-Sego sont d'une grande pauvreté programmatique.
Quel candidat aborde la question des quotas de journalistes handicapés, d'handi-parentalité, d'assistance sexuelle, de syndicat dans les CAT?
Puisse ma candidature contribuer à faire entendre la parole de ceux que l'on n'entend jamais. Au delà du programme que je défends (élaboré par 500 familles de personnes handicapées), je veux à ma mesure interpeller les Français sur l'urgence d'humaniser le débat présidentiel qui vient.
Les candidats à l'Elysée n'en ont « rien à cirer » des listes d'attente pour inscrire son enfant dans un établissement, des enfants polyhandicapés exilés en Belgique, de la maltraitance exercée sur les personnes et les familles sans solution.
Ceux qui prétendent que les petits candidats feraient le lit du Front National ne doivent pas oublier que M. Le Pen veut aménager des hameaux pour handicapés en dehors des villes. Au nom de toutes les personnes handicapées, j'ai la prétention comme humaniste d'opposer un mur de résistance à de tels propos qui annoncent un eugénisme d'Etat.
Etre candidat « minoritaire », c'est interpeller notre société sur l'avenir que nous voulons dessiner. Il faut donner aux électeurs lors du 1er tour un choix de candidats permettant d'éviter qu'il ne se laisse séduire par les même discours démagogiques qu'en 2002.
Lorsqu'une mère de 80 ans supprime sa fille polyhandicapée parce qu'abandonnée de tous, personne n'ose dire que ce sont nos politiques qui par leur indifférence l'ont poussé à l'acte !
7 000 enfants par an naissent handicapés : quel candidat les prend en considération, ou en parle ?
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Lundi 30 Octobre 2006
Jean-Christophe Parisot
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