La deuxième édition du festival européen Théâtre et handicap met en lumière le travail des comédiens et metteurs en scène qui ont choisi d’assumer le handicap
Monica Companys a le blues. Un vrai coup de déprime qui fait ressortir les vieilles angoisses et ces complexes enfouis qu’une notoriété grandissante n’a pas effacés totalement. Monica est comédienne. Elle est sourde, aussi, et tient à ce qu’on le dise. «Généralement, les journalistes écrivent que je suis malentendante. Quand je leur téléphone, ils me répondent qu’ils n’ont pas voulu me blesser. De toute façon, les gens ne connaissent pas grand-chose à la surdité. Comme je parle, ils ne me prennent pas pour une sourde. Quand je sors de scène, les spectateurs n’osent pas m’aborder. Ils ne savent pas comment s’y prendre ; alors, ils viennent à reculons et me parlent souvent comme à une gamine de trois ans. Avec mes collègues, même si l’ambiance est super-sympa, je me sens exclue des conversations : ils rient, ils s’apostrophent et moi, j’ai l’impression de ressembler à un poisson rouge dans un bocal. Je regarde les gens sans pouvoir participer.»
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(journal la-croix)