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28 Mai 2007 | Imprimer cet article | Envoyer à un ami
Lundi de Pentecôte: travaillera, travaillera pas?

    La troisième édition de la Journée de solidarité avec les personnes âgées et handicapées divisera la France demain entre ceux qui travailleront, et ceux qui profiteront d’un week-end prolongé.    

Après la canicule de l’été 2003, la loi du 30 juin 2004 relative à la solidarité pour l’autonomie des personnes âgées ou handicapées a institué une journée supplémentaire de travail non rémunéré pour les salariés. Sept heures de plus, que tous les salariés ne voient pas d’un bon œil.

Pourtant cette journée de solidarité permet chaque année de collecter deux milliards d’euros, selon la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) qui gère les fonds recueillis à cette occasion, dont 60% destinés aux personnes âgées et 40% aux personnes handicapées. Aussi, couper la France en deux, entre ceux qui vont profiter de leur long week-end et ceux qui vont travailler, relève-t-il d’un véritable succès ?

Une contribution chaotique

La première édition de cette journée avait été, lors du Lundi de Pentecôte 2005, une réelle pagaille, entre appels à la grève des syndicats et mécontentement collectif. Aussi le système a-t-il été assoupli : désormais, la Journée de solidarité est fixée par accord collectif, ou est à défaut le lundi de Pentecôte. Il est donc possible de contribuer autrement, un autre jour, en répartissant les sept heures de travail recommandées en deux demi-journées, ou à la place d’une journée de réduction du temps de travail (RTT), bref comme bon semble à l’entreprise. En fonction des accords d’entreprises ou de branches, les situations varient, mais promettent encore cette année un certain chaos.  

Concernant la fonction publique, l’ensemble des établissements scolaires sera fermé, tandis que les parents qui travailleront ce jour là devront trouver une solution pour faire garder leurs enfants. Les enseignants auront de même à leur charge le fait de rattraper la Journée de solidarité. Pas d’inquiétude côté transports publics, la SNCF et la RATP assurent que le service se fera « normalement, comme n’importe quel autre jour de la semaine », les employés ayant la possibilité de s’acquitter de leur Journée de solidarité quand bon leur semblera, en fonction néanmoins des besoins de l’entreprise. Cependant coté services privés, les livraisons devront attendre, puisque l’interdiction pour les poids lourds de 7,5 tonnes de circuler sera maintenue, contrairement à 2005.

Pas de grâce présidentielle cette année

La FNATH, association des "accidentés de la vie", qui réclame la création d'une cinquième branche de la Sécurité sociale pour financer la perte d'autonomie, reconnaît  « le caractère stigmatisant de cette mesure et de son côté ‘charité publique’ ».  Tous les acteurs s'accordent sur son insuffisance à répondre véritablement à l'ensemble des besoins de financement en la matière, même si elle a permis de dégager des moyens nouveaux.
De son côté FO estime qu’il s’agit de « travailler plus pour gagner moins ». « Malgré l'élection d'un nouveau président de la République, les travailleurs n'ont pas obtenu la grâce présidentielle pour le lundi de Pentecôte », ironise l’organisation syndicale, qui dénonce par ailleurs cet allongement du travail « qui, sous prétexte de solidarité à la prise en charge de la dépendance et du handicap, est très injuste et ne repose que sur les salariés ».

Aussi la CFTC appelle-t-elle dans un communiqué « à la résistance civique », déposant un préavis de grève nationale, tous secteurs confondus, pour « couvrir les salariés » : une manière de poursuivre « son combat en faveur d'une autre manière d'envisager la solidarité qu'en imposant une journée non rémunérée aux salariés ». La CGT n’est pas non plus en reste face à la Journée de solidarité : « Alors que le gouvernement n'a plus qu'un slogan à la bouche ‘travailler plus pour gagner plus’, il n'hésite pas à reprendre à son compte un dispositif qui revient, pour tous les salariés, à ‘travailler plus pour ne rien gagner’ », dénonce-t-elle, demandant « l'abandon pur et simple d'un tel dispositif injuste et inefficace ».

Le ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité Xavier Bertrand a donc promis mardi dans Le Parisien-Aujourd'hui en France « une évaluation pour faire le point sur les modalités d'application et voir ce qui peut être amélioré ». En effet, selon lui « les choses s'améliorent d'année en année », mais « en aucun cas le principe ne sera remis en cause ». Ces paroles suffiront-elles à apaiser les grévistes de lundi ?

Écrit par Béatrice BABIGNAN   27-05-2007

 

Source : http://lecourant.net/content/view/284/13/


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