Plusieurs associations organisent, du 14 au 20 novembre dans plusieurs villes de France, une Semaine pour l'emploi des personnes handicapées, pour tenter de convaincre les entreprises de franchir le pas des embauches, à l'heure d'une nouvelle loi sur le travail des "accidentés de la vie".
"On se fixe comme objectif de les amener à faire une action dans les trois ans qui viennent", souligne Claudie Buisson, directrice de l'Agefiph (Association pour la gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées). En collaboration avec l'Adapt (Adaptation des métiers), cette association compte sensibiliser les patrons aux dispositions de la nouvelle loi "handicap", qui doit entrer en vigueur au 1er janvier 2006. Elle prévoit notamment d'augmenter la contribution financière des entreprises dont l'effectif compte moins de 6 % de salariés handicapés.
L'heure sera aussi au bilan d'un engagement gouvernemental : il y a un an, l'ex-secrétaire d'Etat aux personnes handicapées, Marie-Anne Montchamp, s'engageait à réduire de 20 % le chômage des personnes handicapées. "Cette année, on ne baissera pas significativement ce chômage", estime Mme Buisson, car pour cela "il faut un taux de croissance de 3 %". Or la France ne devrait connaître une croissance que de 1,5 % à 2 % en 2005.
"JOB DATINGS"
Mais la question est prégnante :"Chaque année, il y a 8 % de personnes supplémentaires qui sont reconnues handicapées", indique la directrice de l'Agefiph, notamment en raison "des pathologies nouvelles qui sont reconnues".
Des actions ponctuelles seront menées durant toute la semaine, notamment des "job datings" (rencontre de quelques minutes avec un employeur potentiel) à Paris, Caen, Lyon et Troyes.
L'Adapt peut se targuer d'avoir proposé en 2004 des job-datings à 93 jeunes diplômés. "Six mois plus tard, 40 % sont en CDI, 13,75 % en CDD, 2,5 % en contrat aidé, et 8,75 % ont repris des études", selon l'association.
Par ailleurs, cinq grandes entreprises, dont La Poste, vont mettre en avant "dix bonnes raisons d'embaucher un salarié handicapé", pour lutter contre les préjugés.
Un chômage jusqu'à trois fois supérieur à la moyenne
Fin 2004, 279 800 demandeurs d'emploi handicapés étaient inscrits à l'ANPE et un quart recherchaient un emploi dans les services à la personne ou aux collectivités, a indiqué le 13 novembre l'Agence nationale pour l'emploi.
De précédents chiffres évoquaient 258 000 personnes en demande d'emploi, soit 28 % des 900 000 handicapés actifs. Le nouveau chiffre porte le taux de sans-emploi à 31 %.
"Les demandeurs d'emploi handicapés sont plus souvent que les autres des hommes, plus âgés (plus de 40 ans). Ils ont un faible niveau de formation et une moindre qualification", ajoute l'ANPE. "La recherche d'un emploi à temps partiel est beaucoup plus fréquente" chez eux.
"Près d'un quart recherchent un emploi dans les services aux personnes et à la collectivité, et en particulier un emploi d'agent de gardiennage et d'entretien, métier comportant 42 % de personnes handicapées", selon l'ANPE.
Dans les cas de reprise d'emploi, "dans près d'un quart des cas, l'emploi a été retrouvé dans le cadre d'un contrat aidé". – (Avec AFP.)
LEMONDE.FR Avec AFP | 14.11.05 | 10h48 • Mis à jour le 27.06.07 | 07h31
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