La loi impose aux communes de plus de 5 000 habitants de faciliter la vie et les déplacements des personnes à mobilité réduite. Vaste chantier. Illustration à Granville.
GRANVILLE. - « Sur certains trottoirs, il y a des plots pour interdire aux véhicules de stationner. Je suis obligée de changer de trottoir ou de rouler sur la chaussée. Même chose pour les terrasses et les devantures de commerces, constate Patricia Guesdon, une Granvillaise de 39 ans qui se déplace en fauteuil roulant. Pour aller au salon de coiffure, au café, à la boulangerie, il y a parfois une marche. Les distributeurs de billets ? L'écran et le clavier sont trop hauts. Les pavés, par exemple, c'est joli, mais pour celui qui est en fauteuil, c'est douloureux : nous n'avons pas d'amortisseurs. »
Rampe et guichets adaptés
Trottoirs trop hauts, bus inadaptés pour accueillir des handicapés, passages piétons souvent dépourvus de bandes podo-tactiles... Pas facile de circuler dans Granville. Y compris quand on est valide. Dans la Haute-Ville, le quartier historique et bourgeois. Dans la ville basse, le port. Partout dans le centre, des rues en sens unique, des escaliers, des trottoirs souvent étroits, pas de réel réseau de transport public adapté, etc.
« Il y a quelque temps, je me déplaçais avec une béquille. Je pouvais encore me débrouiller », explique Patricia Guesdon. Mais son état de santé s'est dégradé. Depuis un an, elle se déplace en fauteuil et ne peut plus quitter son appartement de 36 m2, près de la gare, sans demander l'aide de quelqu'un. « Même pour faire un simple tour en ville, je dois tout anticiper et prévenir quelqu'un suffisamment à l'avance. »
Des lieux sont, heureusement, très accessibles. « La médiathèque, par exemple. Ça me permet de m'évader à travers les bouquins, Internet... La Poste est désormais équipée d'une rampe et les guichets sont assez bien adaptés. À la mairie, je ne peux accéder qu'au rez-de-chaussée. Il n'y a pour le moment pas d'ascenseur si je dois me rendre dans l'un des services à l'étage. »
Déclarée en invalidité depuis février 2001, Patricia Guesdon a enchaîné les petits boulots. Elle a suivi une formation d'analyste programmeur mais n'a toujours pas d'emploi. « Je touche juste l'allocation d'adulte handicapé de 631 € et l'aide personnalisée au logement. » Elle peut compter sur le soutien de sa famille, des amis de la paroisse Saint-Clément. « Mais c'est dur de toujours demander de l'aide aux autres. » Dans l'attente d'un logement en centre-ville, elle n'a pas le choix.
Enquête de Pascal SIMON.
Source : http://www.ouest-france.fr/Personnes-handicapees-aux-villes-de-s-adapter-/re/actuDet/actu_3631-526409-----_actu.html