Mégane veut un logement adapté à son handicap
Après avoir alerté l’opinion publique, via les médias, sur le cas de la petite Mégane, handicapée logée au 3e étage, sans ascenceur, à Sainte-Suzanne, l’association Momon papa lé la était reçue hier en préfecture. Une première écoute qui, si elle a fait plaisir à la mère de Mégane, ne met pas pour autant un terme à son parcours du combattant.
[30 mars 2005]
10 h 20, hier matin. Patrick Savatier trouve enfin une place de parking devant la préfecture. “Les places réservées aux handicapés sont évidemment occupées”, soupire le porte-parole de l’association Momon papa lé la. Sortir le fauteuil roulant. Soulever Mégane, et l’y installer. Porter la petite Laura. Une véritable expédition. Mais Marie-Noëlle Narayanin-Ramaye et Adeline Paquiry ne sont plus à un effort près. Toutes deux mamans de fillettes handicapées, elles affrontent quotidiennement les difficultés. Depuis un an, Marie-Noëlle se bat, avec le soutien de l’association, pour obtenir un logement plus adapté au handicap de sa fille Mégane, paraplégique depuis 2001. Malgré ses vertèbres brisées, ce petit bout de femme déploie chaque jour une incroyable énergie, pour porter sa fille dans les escaliers de l’immeuble les Cascavelles, à Sainte Suzanne, où elle a obtenu un logement... au troisième étage. “Le taxi qui vient chercher Mégane pour l’emmener à l’école ne fait même pas l’effort de venir la chercher à l’appartement. Tous les jours, c’est sa mère qui la porte”, assure Patrick Savatier. Hier, c’est donc une lueur d’espoir que Marie-Noëlle voyait enfin. Suite à la médiatisation du cas de Mégane, la préfecture souhaitait en effet les recevoir. Un rendez-vous auquel l’association avait également convié Laura Paquiry, une autre enfant handicapée, confrontée aux mêmes problèmes de logement.
Des logements en rez-de-chaussée
A l’accueil de la préfecture, la petite délégation apprend que le bureau se situe à proximité du monument aux morts, un peu plus haut, dans la rue de Paris. Une distance impossible à effectuer en fauteuil roulant, en raison de travaux sur la chaussée. On reprend donc la voiture. On cherche à nouveau une place. Commence ensuite le slalom impossible entre les véhicules stationnés, et Patrick Sabatier, lui-même handicapé physique, finit par soulever Mégane pour pouvoir accéder au bâtiment. Là, nouvelle surprise. Le rendez-vous est donné... à l’étage. Et Patrick porte une nouvelle fois Mégane dans les escaliers. Un parcours du combattant qui ne fait que rappeler celui vécu au quotidien par de nombreux handicapés. A travers le cas de Mégane, c’est donc plus largement le problème de l’accessibilité des logements sociaux que pointe l’association Momon papa lé la. Car Marie-Noëlle Narayanin-Ramaye, tout comme Adeline Paquiry, avaient bien coché la case “handicapé” sur leur dossier de demande de logement. Vaine précision. “Nous souhaitons que les bailleurs sociaux soient obligés de penser aux handicapés lorsqu’ils construisent des bâtiments. Qu’ils réservent des appartements en rez-de-chaussée, au lieu d’y mettre uniquement des commerces”, explique Patrick Savatier. Une demande que la délégation a formulé hier au directeur du service urbanisme et habitat social de la préfecture.
Appel à témoins
Elle a également demandé à ce que des maisons soient réservées aux handicapés dans les nouveaux programmes d’accession à la propriété. Quant aux cas de Mégane et Laura, ils sont encore loin d’avoir trouvé leur épilogue. “Nous avons rempli un dossier pour bénéficier du quota de logement social de la préfecture, et nous devons encore nous rendre à la sous-préfecture de Saint-Benoît, avant de remplir de nouveaux dossiers auprès des bailleurs sociaux, explique Patrick Savatier. Si en 2006, elles n’ont toujours pas de logements, il faudra renouveler les demandes. Bref, le parcours du combattant continue”, poursuit-il. C’est pour provoquer une prise de conscience des décideurs que l’association Momon papa lé la a accepté, sur proposition de la préfecture, de participer au comité de pilotage sur le rattrapage en terme de handicap. Elle attend d’ailleurs les courriers de personnes handicapées confrontées, comme Mégane et Laura, à des problèmes de logement.
Isabelle Kichenin
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