Le conseil général du Val-de-Marne crée le service de déplacement pour les personnes à mobilité réduite le moins cher de France. Un moyen de combattre isolement et exclusion.
Redonner une liberté de déplacement aux personnes à mobilité réduite. Voici, résumée en une phrase, la philosophie de Filival, nouveau service en - direction des personnes handicapées pour faciliter leur mobilité, mis en place par et dans le département du Val-de-Marne. « Parce qu’il faut permettre à tous ceux que leur situation contraint à rester chez eux de sortir se distraire, d’aller au cinéma, mais aussi et surtout de pouvoir aller travailler », explique Christian Fournier, vice-président du conseil général, en charge du projet. « L’isolement est un fléau qui frappe trop souvent les personnes handicapées. La question de l’accessibilité est donc notre priorité », appuie Jean-Luc Mortet, délégué départemental de l’Association des paralysés de France (APF). Le problème est réel. Selon deux études (l’une de l’INSEE de 1999 et l’autre de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Île-de-France de 1997), près de 35 % de la population francilienne se trouve en situation de handicap dans l’utilisation des transports collectifs.
Le Val-de-Marne, déjà cité en exemple par l’APF et la RATP pour ses efforts concernant l’accessibilité des arrêts de bus aux personnes à mobilité réduite (80 % des arrêts devraient être accessibles d’ici cinq ans), est l’un des quatre contributeurs de Filival (900 000 euros chacun) avec la région, le Syndicat des transports d’Île-de-France (STIF) et l’usager lui-même. Cependant, précise Christian Fournier, la contribution des usagers de Filival se fera « sur la base d’un tarif de droit commun », c’est-à-dire le prix d’un ticket de métro. La différence (300 000 euros) sera directement prise en charge par le département, car « il était important de réaffirmer qu’une personne handicapée ne paye pas plus cher que les autres pour ses déplacements », insiste le responsable du projet. Ce souci d’équité n’est pas partagé ailleurs, puisque, pour ne prendre que Paris comme exemple, les tarifs pratiqués, qui suivent les recommandations du STIF, sont bien au-delà de ceux du Val-de-Marne. Alors qu’il ne coûte que cinq tickets de métro (7 euros) pour se rendre dans la grande couronne, il faut compter 15 euros pour le même service à Paris.
Dans l’absolu, Filival concerne tous types de déplacements. Mais les concepteurs du projet ont souhaité qu’en cas de saturation du service, les trajets domicile-travail ou formation soient privilégiés à ceux d’ordre plus ludique. Le succès est déjà au rendez-vous. Alors que le service n’ouvrira que le 19 avril, une centaine de personnes se sont déjà inscrites.
Cyrille Poy
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